Premier Contest 3a+ de manips d’alpinisme

Le 12.05.2017, par GillesD-5b7


« Qu’est-ce que le Contest ? C’est un ensemble d'épreuves techniques chronométrées utiles dans beaucoup de courses d’alpinisme ; en vous y entraînant, ou juste en participant vous serez en mesure d’enchaîner sans gueniller toutes les plus belles courses dont vous rêvez  ! »

Quoi ! Un chronomètre ! Mais c’est contraire à tout ce qui fait l’esprit de l’alpinisme !

C’est vrai, mais le temps passé sur les manips est un facteur très important pour faire la différence entre ceux qui bivouaquent dans la voie et ceux qui rentrent au refuge pour l’apéro. Pour ça, il faut s’entraîner pour acquérir des automatismes et enchaîner toutes les manips de manière fluide dans toutes les situations, sans avoir à réfléchir pour se souvenir « comment on fait déjà ?».

Le Contest n’est pas une course aux records : la maîtrise des manips se traduit par un temps inférieur à un temps de référence établi par un ouvreur qui a réalisé les manips dans les mêmes conditions matérielles, selon un principe similaire à celui des évaluations de l’Ecole de Ski Français.

Ce sont donc 6 épreuves qui attendent les valeureux 3a+* le 6 mai dernier : encordement, pose de coinceurs, rappel en terrain encombré, relais sur coinceurs, aide au second et remontée sur corde. Et du courage il en faudra car en plus des épreuves, une splendide dépression pluvieuse est attendue.

8h du matin à l’école d’escalade du Col du Coq, tout est prêt, les ateliers sécurisés sont installés, les concurrents arrivent. Et bonne surprise, il ne pleut pas, pas encore ; quelques rayons de lumière feraient presque regretter l’idée de barbecue abandonnée aux caprices de la météo.

Tout commence par l’encordement : comme sur glacier, diviser la corde en 3, rapidement faire des anneaux de buste ; puis vite rallonger la corde pour un passage corde tendue ; puis revenir à un encordement court pour une marche aux anneaux… la corde est rapidement manipulée, c’est bon, tout le monde maîtrise ! Le rappel sanglier dans un couloir raide encombré d’arbres offre d’autres réjouissances : impossible de lancer la corde, alors chacun y va de sa technique : écheveau au baudrier, enkitage dans le sac – mais les anneaux s’emmêlent, les arbres font barrage, ça sent le champignon… cette épreuve crée des écarts, et plusieurs dépassent le temps de référence. Enfin, les 13 coinceurs à poser en moins de 12 minutes sur 10 mètres carrés de rocher fissuré jouent avec les nerfs des concurrents – petite astuce : il est plus facile de trouver quel coinceur mettre dans une fissure plutôt que de trouver quelle fissure mettre autour d’un coinceur.

Pendant ce temps, le ciel se fâche : quelques gouttes, une ou deux rafales de vent et bientôt c’est le déluge. Au début les épicéas offrent un peu d’abri, mais bientôt tout dégouline. Qu’importe, on continue ! Relais sur 3 petits coinceurs imposés, à coupler soigneusement avec le bon angle des sangles, sans oublier le point de renvoi pour assurer le second qui prendra la tête à la longueur suivante. Montée d’un passage de 3b détrempé –de l’avis général, un des moments les plus éprouvants – puis aide au second (un sac plein de pierres…) depuis un relais en haut de la falaise. Remontée en fil d’araignée qui donne lieu à des techniques variées – les 5 mètres à gravir sur une corde gorgée d’eau ont permis de tester leur efficacité relative.

Tout le monde est passé dans chaque atelier, tout le monde est complètement trempé, vite on ramasse le matériel et on file se mettre au chaud « Au pied de la dent » à Saint Pancrasse. Heureusement, nous aurons plus de chance les deux jours suivants sur les falaises de Maurienne pour le week-end de printemps des 3a+ ! Mais 3 jours plus tard, alors que nous sommes revenus récupérer la corde abandonnée dans le surplomb lors de la berezina… quelques gouttes, une ou deux rafales de vent et bientôt c’est le déluge…

* Membres des « Alpinistes Autonomes Associés » du CAF-GO


 

Recherche :